Louis Adran
Traduit du français par
Editeur : Cheyne Réserver ou commander
« Mais je ne me souviendrai de rien »
Dans « Nu l’été sous les fleurs » (précédé de « Traquée comme jardin ») de Louis Adran (pseudonyme d’Alexandre Valassidis), quelque chose a été et a disparu : un lieu, un paysage, un souvenir, un amour. Tout n’est que surgissement, effleurement, vapeur, doute.
Ses poèmes sont innervés par le fugitif, l’incertitude et le livre dans son entièreté, inlassablement, cherche tout à la fois son point d’ancrage et son point de fuite. Il questionne la matérialité du souvenir.
Les linges, foulards, robes, jupons, pansements, ou bien des baisers ont marqué des peaux.
La nature, les animaux, les couleurs ont marqué des pupilles. Et la main ? elle tente d’écrire (son terrain vague entre autres), de retenir, pour finalement renoncer (« je n’écrivais pas, je n’écrivais rien). Et pourtant, il y a ce recueil, plein de présences fantômes, de phrases qui se taisent, ou qui renoncent, qui fuient. Les temporalités bougent sans cesse et coulent, ce qui a été présent a disparu ou a été détruit (l’effraction, la guerre) , le lieu de l’enfance peut-être (Baabda), ou le temps de l’amour, ou du chagrin. Les temps ne sont ni contenus ni retenus par le tracé d’une phrase. C’est diffus, aérien, vaporeux
C’est un livre qui semble n’être sur aucune rive : ni celle du passé, ni celle du présent, ni celle des vivants, ni celle des morts. On croit y lire une déchirure sous le voilage de ses phrases. La syntaxe est à ce sujet magnifique, tout en évanouissement et disparition. Lorsque le mot apparaît, il se blottit dans la gorge ou est déjà un souvenir évaporé. Mais l’absence, pourtant, est battante et pulse sur chacune des pages. Quelque chose attire, retient, amarre. Sans doute le mystère. Sans doute les interrogations. Sans doute les suppositions.
Nu l’été sous les fleurs, est un coffre-fort, tout à la fois passionnant et presque impossible à percer. Voici sa beauté.
Moira Millán
Traduit de l'espagnol par Amanda Prat-Giral
Editeur : Actes Sud Réserver ou commander
Dans Le train de l'oubli, Moira Millan nous raconte l'histoire du peuple Mapuche de Patagonie à travers le destin de cinq générations de femmes confrontées à l'arrivée des colons européens bien décidés à s'accaparer leurs terres, à briser leurs croyances et à bannir leur langue. Alors que le Chemin de Fer avance inexorablement vers le sud, le territoire des Mapuches fond de plus en plus, ses habitants sont réduits en esclavage et leurs traditions bafouées. Lorsque Liam O'Sullivan, jeune irlandais chargé du chantier du train, découvre le sud de l'Argentine, il tombe amoureux de la région mais aussi de Pirenrayen, femme autochtone, descendante d'une lignée de résistantes dont la vie a été brisée par les Wingka, les Blancs venus coloniser ce bout du monde. Une formidable saga historique qui nous entraîne des confins du monde à l'Irlande, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe, mêlant espoir et résignation, amour et trahison, modernité et savoirs ancestraux.
Sophie Boutière-Damahi
Traduit du français par
Editeur : Le bruit du monde Réserver ou commander
En 1987, Tania, adolescente, assiste impuissante au combat des ouvriers du chantier naval de La Ciotat menacé de fermeture. Son père, Marius, fait partie des irréductibles décidés à mener la lutte jusqu’au bout. Pour ce petit-fils d’immigrés italiens, le chantier naval c’est comme un deuxième foyer. Son père y travaillait, il y a fait toute sa carrière et rêvait de voir son fils Sacha suivre ses traces. Mais Sacha ne voulait pas de cette vie et a fui à Marseille, rompant les liens avec sa famille. Pour Marius, Sacha est un traitre, comme le fût à l’époque son oncle Arturo. En entendant ce nom prononcé avec mépris, Tania comprend que sa famille se déchire autour d’un secret, de non-dits, de rancœurs anciennes. Elle décide d’interroger son oncle Georges, lui aussi tenu à l’écart du cercle familial. Georges lui raconte alors l’histoire de ses racines depuis ses arrière-grands-parents partis d’Italie pour atterrir dans un quartier populaire de Marseille. Des années 1910 aux années 1990, ce roman foisonnant retrace la vie tumultueuse des familles Ricci et Nella, faite d’amour, de deuils, de joies et de peines. Une fois encore les éditions Le Bruit du Monde nous enchante avec ce premier roman de Sophie Boutière-Damahi.
Gérard Guettier
Traduit du français par
Editeur : Paulsen Réserver ou commander
Qui était vraiment Frederick Cook ? Un explorateur intrépide ou un menteur patenté ? Dans ce récit passionnant, Gérard Guerrier nous raconte l'incroyable parcours d'un homme énigmatique. Issu d'une famille d'émigrés allemands, Frederick voit le jour en 1865 dans les Catskills, au nord de New York. Ingénieux et infatigable, il exerce plusieurs petits boulots tout en menant à bien des études de médecine. Lecteur assidu des récits des grands explorateurs de son temps, il réalise son rêve en prenant part à l'expédition de son compatriote Robert Peary au Groenland en 1891. En 1897, il embarque à bord du Belgica sous les ordres d'Adrien de Gerlache pour un voyage d'exploration de l'Antarctique. Toujours avide d'un nouvel exploit, il part à l'assaut du mont McKinley qu'il affirme avoir vaincu. Se lançant dans la course effrénée pour la conquête du Pôle Nord, il monte une expédition et déclare avoir atteint le Pôle le 18 avril 1909. A la même époque, Peary, son ancien compagnon devenu son plus grand rival, affirme être arrivé quelques jours plus tôt et traite Cook d'affabulateur. La polémique qui oppose les deux hommes fera la une des journaux pendant de nombreux mois, divisant l'Amérique et le monde entre partisans de Peary et supporters de Cook. Ruiné, humilié, abandonné par ses anciens compagnons, Cook se lance dans une dernière entreprise qui tourne au fiasco et le conduit en prison pour escroquerie. Héros ou imposteur ? Frederick Cook apparaît comme un personnage attachant, courageux, fidèle et passionné face à l'arrogant Peary, mais ses exploits resteront à jamais entachés par des zones d'ombres.
