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A livre ouvert - Le rat conteurphoto librairie Alivreouvert
Sciences humaines
Pierre Bourdieu, Sur l'Etat

sur l etatPrésentation de l'éditeur

Transversale à l’œuvre de Pierre Bourdieu, la question de l’État n’a pu faire l’objet du livre qui devait en unifier la théorie. Or celle-ci, à laquelle il consacra trois années de son enseignement au Collège de France, fournit à bien des égards la clé d’intégration de l’ensemble de ses recherches : cette « fiction collective » aux effets bien réels est à la fois le produit, l’enjeu et le fondement de toutes les luttes d’intérêts.
 Ce texte, qui inaugure la publication des cours et séminaires du sociologue, donne aussi à lire un « autre Bourdieu », d’autant plus concret et pédagogue qu’il livre sa pensée en cours d’élaboration. Dévoilant les illusions de la « pensée d’État », vouée à entretenir la croyance en un principe de gouvernement orienté vers le bien commun, il se montre tout autant critique à l’égard de l’« humeur anti-institutionnelle », prompte à résumer la construction d’un appareil bureaucratique à une fonction de maintien de l’ordre social.

 

 À l’heure où la crise financière permet de précipiter, au mépris de toute souveraineté populaire, le démantèlement des services publics, cet ouvrage apporte les instruments critiques nécessaires à une compréhension plus lucide des ressorts de la domination.

 
Les Adages, d'Erasme.

adages

Pour la première fois est proposée, en édition bilingue (latin-français), la totalité des Adages d'Erasme. Ce sont 4151 adages expliqués, commentés, accompagnés des citations latines et grecques ; de « Entre amis, tout est commun. » à « Plus ancien que Japet », Erasme partage ses enthousiasmes, ses découvertes, ses étonnements, en un style léger, proche de la discussion, et bien loin des traités dogmatiques.

C'est à un traité de littérature gréco-romaine que nous convie aussi Erasme, puisque lire les adages, c'est aussi parcourir les auteurs grecs et latins. Entre l'Anatomie de la Mélancolie, de Burton, et les Essais de Montaigne, il y a Les Adages d'Erasme ; un de ces livres sommes qui tentent, ont tenté, de cerner le monde.  

 

« Adage 1019. Mener par le bout du nez

Être mené par le bout du nez signifie être transporté dans une direction qu'on ne choisit pas mais que veut quelqu'un d'autre. L'image est empruntée aux boeufs à qui l'on met un anneau au bout du nez, comme un mors à un cheval, pour les mener où l'on veut. Les chevaux aussi ont une pièce en bois ou en fer enfoncée dans leur nez, ou même dans leur bouche, pour retenir leur fougue. Cet instrument, dit Nonius, est appelé prostomis.

Lucien, dans le Dialogue entre Junon et Jupiter : « Il se montre ton maître dans tous les domaines. Il te fait avancer, te tourne dans tous les sens, en te menant, comme on dit, par le bout du nez ».Le même dans Les Sectes : « Rien n'empêchera le premier venu de te mener par le bout du nez ». « Être mené par la peau du cou » se dit de ceux qui sont forcés de faire quelque chose, qu'ils le veuillent ou non.

Philostrate, dans la Vie d'Héliodore, semble avoir utilisé l'expression « être mené par le menton » avec le même sens : « Mais il l'a conduit au tribunal contre sa volonté, en le menant par le menton ». C'est une image empruntée aux chevaux que les écuyers mènent par la lèvre inférieure, en attendant de mettre la bride. »


Erasme, Les Adages, Belles Lettres, 5 volumes sous coffret, 350 euros.

 
La mort donnée, Essai de psychanalyse sur le meurtre et la guerre / Psychanalyse

sophiedemijollaSophie de Mijolla-Mellor
P.U.F, 2011, 28 €
Psychanalyste membre du IVe Groupe, Sophie de Mijolla-Mellor est professeur à l’Université Paris-Diderot, directrice de l’École doctorale «Recherches en psychanalyse». Elle est présidente de l’Association internationale d’histoire de la psychanalyse, dirige la revue Topique et elle est également l’auteur de nombreux ouvrages notamment sur la sublimation mais aussi sur la cruauté et la paranoïa.

Présentation de l'éditeur : «Pourquoi donne-t-on la mort? Qu’il soit le fait d’un individu ou d’un groupe, l’homicide apparaît paradoxalement aux yeux du témoin «civilisé» comme un acte inimaginable, alors que la pulsion de tuer est aussi fondamentalement inscrite dans la nature humaine que la pulsion sexuelle elle-même. Face à ces actes innommables, la société ne sait que multiplier les termes propres à les rejeter: «collective», «folie individuelle», autant de manières de répéter à l’infini la question sans se donner les moyens de répondre sur ce qui s’est effectivement passé et qui peut refaire surface à tout moment, en tous lieux et à toute époque.

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