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Sébastien Lapaque,
Actes Sud, 328 p., 21€80

lapaquesLazare est professeur d'histoire dans un lycée parisien. Un jour, sa compagne lui annonce qu'elle part voir ses parents à La Rochelle. Les jours passent et Béatrice ne revient pas. Elle ne répond pas à ses messages téléphoniques non plus. Lazare commence à se questionner jusqu'au jour où il apprend qu'elle ne reviendra pas. Lazare rencontre Lucie, une voisine, qui travaille sur la disparition des moineaux à Paris. Lazare a du mal à se sentir en adéquation avec les valeurs actuelles. Lorsque son ami Saint-Roy meurt brutalement dans un accident de voiture, Lazare sombre dans la mélancolie voire dans la dépression. C'est l'été et il décide de partir à la campagne chez Xavier le frère forestier de son ami Walter pour se refaire une santé.
A la recherche de sens, Lazare va trouver auprès de Xavier et ses comparses la voie de la spiritualité et du coup de la joie.
Ce monde est tellement beau de Sébastien Lapaque est un beau roman, lucide, intelligent, très bien écrit et au final lumineux.

Céline Curiol,
Actes Sud, 838p., 25€

curiolascensionSSélène et Orna sont deux soeurs. Tandis que Sélène vit en couple et enseigne à l'université les problématiques environnementales, Orna est célibataire et journaliste. Modé est d'origine sénégalaise, en France depuis longtemps et à l'aube d'une nouvelle période de sa vie, la retraite. Pavel est psychanalyste, séparé de sa femme et leur fille est en garde alternée. Hope est une jeune femme en quête d'identité, plutôt rebelle tandis que Mehdi, fils de la femme de ménage de Pavel, est en train de sombrer dans le fanatisme religieux. Tous sont à un moment de leur vie où ils doivent opérer des changements pour être de nouveau en accord avec eux-mêmes.
Durant une année tous ces personnages vont se croiser et créer des liens dans le quartier de Belleville à Paris.
Avec Les lois de l'ascension Céline Curiol tisse une toile d'araignée serrée et dense qui embrasse bien des problématiques actuelles. Un livre très intéressant et des personnages attachants.

Alexandra Matine
Les Avrils, 249 p., 19 €

grandesoccasionsEsther attend ses enfants et ses petits-enfants pour le déjeuner, elle a dressé une belle table sur la terrasse, mis une nappe blanche pour l'occasion. Car cela fait très longtemps qu'ils n'ont pas été réunis. Sa famille, pour Esther, c'est son oeuvre, la toile qu'elle a patiemment tissée, sa tapisserie secrète composée "de milliers de petits noeuds délicats dont parfois un, malgré elle, se brisait tic, comme une fourmi qu'on écrase." Esther est sans doute la seule à avoir envie de cette réunion familiale...
Les grandes occasions creuse avec une lucidité qui ne manque pas d'être cruelle le sujet de la famille dans ce qu'elle peut avoir de plus nocif. Impitoyable mais jubilatoire.

James Scudamore, trad. de l'anglais par Carine Chichereau,
La Croisée, 416 p., 22€

monstresanglaisSA 10 ans, Max Denyer, dont le père a une importante situation à l'étranger, entre comme pensionnaire dans un établissement  en Angleterre, fréquenté par la bonne société traditionnelle. Il y découvre un monde fait de châtiments corporels, de punitions arbitraires et de rapports ambigus sous une façade d'honorabilité. Il y noue aussi des amitiés profondes. Il n'y restera que trois ans avant de rejoindre sa famille.
Quelques années plus tard, il renoue avec ses amis de l'époque et découvre une autre facette de ces abus dont il n'avait pas conscience à l'époque. Ne serait-il pas temps de tout révéler?
Sur un thème douloureux, James Scudamore écrit un livre bouleversant sur la nécessité et la difficulté de dénoncer, tout en offrant un beau portrait de l'amitié.

Gianfranco Calligarich, trad. de l'italien par Laura Brignon
Gallimard, 215 p., 20€

dernieretevilleC'est un étrange destin qu'a connu ce roman, paru en Italie en 1973, édité trois fois, épuisé autant de fois, recherché par les connaisseurs sur les étals des bouquinistes, et enfin traduit et édité en français en 2021.
Et c'est un enchantement : enchantement de déambuler dans la Rome des années 60, celle de la Dolce Vita, de ses rues, ses bars, ses places, son fleuve, en suivant  les pérégrinations de Leo Gazzara, journaliste à la dérive, sans ambition, sans argent, entre déboires sentimentaux, échec, alcool et résignation tranquille ; enchantement de l'écriture également, nostalgique, légère et désespérée à la fois. 

Plus d'informations sur ce coup de coeur ici.

Tiffany Tavernier
Editions Sabine Wespieser, 262 p. 21€

amitavernierSUn roman psychologiquement puissant...
Un matin, la maison de Thierry et Elisabeth est soudainement encerclée de gendarmes, lourdement armés, d'ambulances, de voitures de police. L'incompréhension et la peur submergent le couple : c'est un tsunami. Et puis la vérité peu à peu fait face. Leur voisin, Guy, avec qui ils sont amis, et confidents, avec qui ils ont tant partagé, s'avère être un assassin en série, qui a kidnappé, torturé et assassinée plusieurs jeunes filles depuis des années. Le monstre était à leur porte et ils n'ont rien vu. C'est ce fracas psychologique que Tiffany Tavernier interroge avec une grande finesse. Thierry va disséquer le passé : comment a-t-il fait pour ne rien soupçonner, ne rien voir ou ne rien entendre ? comment ne pas se sentir sale ou coupable ? Thierry va cheminer dans la douleur, la colère ; son épouse, dans le mutisme et la distance. En adoptant le point de vue du voisin (peu commun dans les romans criminels), l'auteure questionne en profondeur les notions de traumatismes, de liens et de réparation.

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