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A livre ouvert - Le rat conteurphoto librairie Alivreouvert
Ça raconte Sarah

Pauline Delabroy-Allard
Editions de minuit, 188 pages

A la très chère, à la très belle,
Qui remplit mon cœur de clarté,
A l’ange, à l’idole immortelle…
Baudelaire. In. Roland Barthes. Fragments d’un discours amoureux

racontesarahLorsqu’elle rencontre Sarah, la narratrice est en couple avec un homme et un enfant. Elle n’a jamais été attirée par une femme. Mais là c’est rapidement le coup de foudre, l’impossibilité de se quitter, l’esprit qui ne pense qu’à l’autre, le besoin incessant d’être avec l’autre, de le toucher, de le caresser, de lui faire l’amour.
Sarah est un tourbillon. Elle est joyeuse, fonceuse, peu soucieuse des normes, exubérante et habillée n'importe comment. Et c'est ainsi qu'elle entre dans la vie de la narratrice, comme une tornade, emportant tout sur son passage.
Ça raconte Sarah est une exploration du sentiment amoureux, d’une passion dévorante jusqu’à la dépossession de soi. Lorsque Sarah s’éloignera de la narratrice cette dernière en perdra la raison. Commencera alors le temps de l'errance, le temps du chagrin, l'attente de la mort.
Pauline Delabroy-Allard travaille son texte de façon à rendre en mots l'état de passion amoureuse. Elle cherche, tâtonne pour trouver les termes justes qui décriront l'être aimé. Elle cherche à traduire la fièvre qui saisit notre protagoniste au contact de Sarah. Le rythme est rapide, les phrases courtes comme la respiration altérée par la passion de la narratrice qui peu à peu se retrouve à bout de souffle. Le lecteur est emporté dans les tourbillons de la langue de l'auteure qui ose faire voler les codes au nom de la passion. Du latin patior, la passion est souffrance, l'idée d'endurer avec démesure, exagération, intensité... Et c'est ainsi que Pauline Delabroy-Allard, digne héritière d'une Marguerite Duras, s'attelle à son texte, prenant à bras le corps syntaxe, vocabulaire, conjugaison et n'hésitant pas à faire voler en éclat les conventions.
Dans le deuxième mouvement du livre, celui de la défaite, celui du déchirement, celui du manque, celui où Sarah tombe malade, celui où Sarah s'éloigne de la narratrice, cette dernière sombre peu à peu dans la mélancolie, dans la dépression, dans la folie, les chapitres s'allongent, les phrases se délitent, le rythme ralentit jusqu'à s'éteindre comme le narratrice qui se meurt de chagrin à Trieste.

 

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