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A livre ouvert - Le rat conteurphoto librairie Alivreouvert
Curiosités et autres redécouvertes

Bien sûr, il ya toutes ces nouveautés, ces auteurs à découvrir, les derniers romans des talents confirmés. Mais sur nos tables se trouvent aussi des ouvrages que certains éditeurs se font fort de sortir des oubliettes où l'injustice de l'histoire les a poussés.

Et là aussi nous avons nos coups de coeur...

curiosites

L'élève Gilles, d'André Lafon. L'éveilleur, 157 pages, 17 €.


Roman d'apprentissage, des duretés de l'enfance, du secret, de l'émerveillement devant les beautés fragiles de la nature, L'élève Gilles, paru en 1912, encensé par Mauriac, est un texte rare, à l'écriture superbe, limpide, nimbée de nostalgie et de mystère.

La peau dure de Raymond Guerin, Finitude, 126 pages, 14€50

Texte d'une étonnante modernité, texte dur, cruel dans sa lucidité, il donne la parole à trois soeurs : Clara, Jacquotte, Louison, trois soeurs très dissemblables mais que le monde régi par les hommes écrase chacune à sa façon : elles racontent d'un ton égal, sans grande révolte, comment la vie s'entend à les broyer sans qu'elles puissent y faire grand chose. Et le lecteur ne peut qu'être bouleversé par le destin de ces femmes simples. Le style direct, sans misérabilisme, confère à La peau dure, paru il y a plus de 70 ans, une force toujours intacte aujourd'hui.

Jours de famine et de détresse de Neel Doff, L'échappée, 189 pages, 16 €

Avec ce texte édité en 1911, Neel Doff, hollandaise exilée en Belgique, femme sans éducation, dont la langue maternelle est le flamand de rue, a frôlé le Goncourt à l'époque. Elle y raconte avec violence et simplicité ses années noires d'enfance et d'adolescence , à Amsterdam, puis à Bruxelles, à la fin du XIXe siècle, dans une famille de 9 enfants. Ces bribes d'histoire d'humiliation et de misère, elle les crache avec colère mais aussi avec courage et la volonté farouche de témoigner. Pourtant plus que d'être un roman social, ou un témoignage sur la misère de l'époque, c'est surtout une magnifique oeuvre littéraire. La sincérite, la puissance d'évocation de ces Jours de famine et de détresse, écrit dans un français brut, vigoureux, dans un mélange de férocité et de tendresse garde toute son acuité.